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Canaan, une terre de conquête ou d'installation ?
1.Introduction
L’origine du peuplement de Canaan par les Israélites a suscité de multiples débats, d’écrits controversés à travers les siècles. Les fouilles archéologiques ont permis de découvrir des manuscrits ou des vestiges dans cette région. Les Manuscrits de la Mer morte , par exemple, ont offert aux historiens et aux exégètes l’opportunité de jeter un regard différent de la Bible, sur l’histoire de la période cananéenne. De ce fait, les théories que les penseurs ont pu élaborer sont venus tantôt fragiliser, parfois confirmer, le point de vue des Ecritures Saintes sur le peuplement de cette région méditerranéenne. Si bien qu’aujourd’hui encore cette problématique de l’arrivée des hébreux sur cette terre est toujours récurrente et continue à opposer théologiens, historiens et biblistes. La question qui se pose et qui s’est toujours posée est de savoir comment Canaan a été peuplé ? S’agit-il d’une conquête militaire sous la conduite de Josué, comme prétend l’Ancien Testament ou une terre d’installation, suite à des migrations successives des peuples, on le sait, très nombreuses à cette époque ? Le premier point de mon analyse sera d’expose la conquête par Josué de la Terre promise, telle qu’elle a été commandée par Yahvé. Cette pensée, comme soulignée précédemment, n’est pas unanimement reconnue. En effet, certains penseurs soutiennent l’idée que les Israélites se seraient installés à la suite des migrations qu’a connues la région méditerranéenne. D’autres évoquent l’éventualité d’une infiltration ou une immigration plus ou moins pacifique. Quelles preuves détiennent- ils pour justifier leurs positions? C’est ce à quoi, la deuxième partie de mon analyse s’efforcera d’y répondre. La notion de “Terre Sainte” est une notion qui fait débat et qui pourrait écarter la définitivement la thèse de conquête. Cette partie sera consacrée à souligner les indices qui privilégient davantage l’idée que les Israélites se sont installés dans la région méditerranéenne mais pas forcément à Canaan.
2. Canaan, une terre de conquête ou d’installation ?
2.1. Les hypothèses de la conquête ?
Etymologiquement, le terme ”Canaan” est discuté. Il serait formé à partir d’une racine sémitique knʕ qui signifierait soulever, courber. Appliqué au soleil, “Canaan” désignerait “l’occident”, “pays du soleil couchant” Toutefois l’hypothèse d’une origine hourrite n’est pas à exclure, bien que peu probable. Dans cette étymologie hourrite, kinaḫḫu désigne un tissu bleu dans les textes cunéiformes de Nuzi. Canaan prend parfois la signification de « marchand » à cause de la réputation de ces marchands de Phénicie. Selon la Bible hébraïque, cette région vient du nom Canaan, fils de Cham, l’un des quatre fils de Noé. Historiquement, le nom Canaan est ancien. Il serait apparu au IIIème millénaire av J-C. Des mentions de son nom figuraient sur des tablettes trouvées dans les ruines de Mari. Canaan à l’époque du Bronze Moyen est le territoire du Proche, situé entre la mer Méditerranée à l’ouest et le fleuve du Jourdain à l’est. Les deux pays voisins sont la Syrie et l’Egypte. Le pays de Canaan paraît petit au regard de l'Égypte ou de la Mésopotamie : cent vingt kilomètres d'est en ouest et trois cents kilomètres du nord au sud. Le fleuve principal, le Jourdain, est moins important que le Tigre, l'Euphrate ou le Nil. À la fois montagneux et proche de la mer, ce pays est cependant suffisamment arrosé par les pluies, pour être fertile. L’exploitation des fouilles archéologiques montre aussi que Canaan était une région qui a connu l’immigration. On ne peut s’empêcher de s’interroger sur les raisons qui incitèrent les peuples de cette époque à faire de Canaan leur terre de destination. Premièrement cette petite région revêtait une importance stratégique considérable au niveau commercial et géopolitique. Effectivement elle était le point de passage obligé pour les voies de communication entre les grandes puissances. Que ce soit pour la guerre ou le commerce, il fallait passer par Canaan pour aller d'Egypte en Mésopotamie ou réciproquement. Les villes portuaires de Tyr et de Sidon devinrent d’importants centres commerciaux dont les navires étaient renommés dans le monde connu d’alors. A Canaan, l'agriculture était aussi importante. Cependant, elle ne dépendait pas du réseau fluvial mais de l’abondance des pluies.
Dans la Bible, Josué est celui qui, à la mort de Moïse doit conduire le peuple élu1à Canaan. Pourquoi Josué ? Josué, dans la Septante est appelé Jésus, fils de Navé. Dans l'Epître aux Hébreux en particulier est fait un parallèle entre "Josué" et "Jésus"2. C’est celui qui sauve. La conquête de Canaan se déroula ainsi. Elle débuta par l’envoi des espions à Jéricho pour qu’ils décèlent les points faibles de cette ville. Josué et sa troupe traversèrent le Jourdain avec l’aide de Dieu. Ils campèrent à Jilgal et leur présence effraya la population locale. Avant de lancer l’assaut contre Jéricho, Josué prit soin de s’assurer que tout son peuple soit bien circoncis. Il procéda à la célébration de la Pâque. Il fit la rencontre d’un ange envoyé par Yahvé qui sera plus tard identifié comme étant Michel. Cette présence angélique symbolisait l’aide de Dieu à Josué dans le combat qu’il allait livrer. La ville de Jéricho conquise fut vouée à l’anathème. Le mot “anathème” signifiait le massacre systématique des captifs. La conquête de Canaan s’étendit par la suite à une ville voisine Aï et aux régions sud et nord.
William Albright3 de l’école de Baltimore semble aller un peu dans le même sens que la Révélation de l’Ancien Testament en évoquant ce qui pourrait s’apparenter à une invasion du territoire. Effectivement, il évoqua l’hypothèse de l’accaparement du pouvoir par des tribus hébraïques venant de Transjordanie après la conquête des régions cananéennes. Comment procédait- il ? Spécialiste de la céramique et célèbre pour son authentification des Manuscrits de la Mer morte, il essaya de faire concorder les écrits bibliques, en particulier ceux du Livre de Josué et des Juges avec son interprétation des fouilles archéologiques. En effet, cet archéologue et ce bibliste, profita de sa popularité et de son influence sur les recherches universitaires du Proche Orient pour essayer de prouver la véracité des évènements rapportés par la Bible. Il prétendit qu’il n’y avait aucune raison de mettre en doute l’historicité des épisodes rapportées dans la Genèse. Pour lui, l’existence, d’Abraham, de Moïse, des grandes figures patriarcales de cette époque est bien conforme à ce que rapporte l’Ancien Testament. La destruction des grands centres urbains cananéens tels que Lakish, Eglon et Bethel est venue corroborer la thèse de l’école américaine de Baltimore. En 1950, les fouilles du site de Hasor confirmèrent que cette ville fut détruite à la fin du XIIIe siècle avant notre ère.
Cependant, la théorie de William Albright a été souvent remise en question. On lui a reproché notamment un manque d’objectivité concernant la méthodologie d’exploitation des données. D’autre part, rien ne prouve de manière irréfutable que les sites détruits soient l’œuvre des Israélites. Les mouvements migratoires qui existaient à cette époque laissent place à d’autres hypothèses. Les villes précitées auraient pu être détruites par des Egyptiens ou des peuples venant de la mer ou peut-être par les cananéens eux-mêmes. La destruction de la ville de Jéricho à l’époque mentionnée soulève aussi des interrogations. Unanimement, les archéologues soutiennent l’idée que le récit de la destruction de la ville de Jéricho ne correspond pas à ce qu’on connait de l’histoire de cette ville. Aucune fortification, aucune trace d’occupation n’étaye la théorie d’une supposée conquête. Par ailleurs, certains archéologues ou chercheurs considèrent la conquête de Canaan comme une pieuse légende. A leur avis, l’histoire de cette conquête correspond plus à une guerre glorieuse, mouvementée et cruelle. Cette épopée se résuma à un massacre de populations considérées comme impures. L’objectif fixé par Yahvé c’était de purifier la Terre Sainte qui était souillée. Selon eux, entre le XVème et le XIIème avant notre ère, Canaan se trouvait sous la tutelle de l’Egypte. Ils fondent leur argumentation sur la découverte de quatre cents tablettes de Tell Amarna4. Canaan était constitué de multiples petites cités- états dirigés par des gouverneurs égyptiens ou des vassaux des pharaons. Des troupes égyptiennes occupaient les sites stratégiques de la région. La Bible ne fait pas mention de la présence égyptienne dans la région. Elle parle de villes fortifiées. Les fouilles archéologiques prouvent le contraire. Pour ces penseurs, l’éventualité qu’un peuple qui a fui l’Egypte pharaonique pour se rendre dans une contrée sous tutelle égyptienne, est inimaginable.
Peut-on d’après cette réfutation de la thèse de l’école de Baltimore et la remise en cause des récits bibliques, conclure à l’installation des Israélites en Terre Promise ? Quels sont les arguments avancés pour ceux qui défendent cette idée ?
2.2 Les hypothèses de l’installation
Plusieurs thèses sont venues contredire la théorie de William Albright. En Europe, des chercheurs comme Martin Noth et Albrecht ALT ont observé des discordances dans la manière de borner temporellement l’histoire patriarcale. Pour eux, ces incohérences rendaient peu fiables, la reconstitution historique proposée par Albright. Leur conception du peuplement de Canaan se repose sur l’hypothèse d’une infiltration pacifique par des Israélites venus d’ailleurs, à la recherche de pâturages. Par la suite ce peuple connut la sédentarisation. Sans réfuter totalement l’hypothèse que des peuples extérieurs seraient installés à Canaan, l’archéologue israélien Finkelstein pense que les Israélites étaient des indigènes 5. “ Il n’a pas eu d’exode de masse venu d’Egypte. Le pays de Canaan n’a pas été conquis par la violence. La plupart des gens qui ont constitué le noyau d’Israël étaient des gens du cru. (…...). Les premiers Israélites étaient (…..) d’origine cananéenne.” 6déclara t-il . Un peuple qui, d’après son témoignage, aurait alterné selon des périodes de leur histoire, de l’Age du Fer à l’Age du Bronze, vie nomade et sédentarisation. Cette version infirme l’idée d’une occupation de Canaan par la conquête. En effet, pour l’archéologue, cette idée doit définitivement être abandonnée. Il pense que la reconstitution de l’histoire biblique longtemps après les évènements survenus dans une période donnée enlève toute crédibilité aux sources historiques. Il préfère fonder son analyse sur les données de terrain pour apporter les preuves de l’occupation de Canaan par les Hébreux. Ses recherches se focalisèrent sur des fouilles réalisées dans la région d’Ephraïm et sur des investigations menées par d’autres archéologues dans la région de Manassé. Il n’étudiera pas en profondeur les fouilles effectuées sur les sites de Samarie, de la Judée et du Golan. Ses recherches le conduisirent à émettre l’idée que l’arrivée des premiers Israélites à Canaan s’est faite à l’Age du Fer I entre 1200 et 1000 avant Jésus Christ. C’étaient des peuples nomades, qui, au fur et à mesure, se sédentarisèrent. Il basa ses conclusions sur les vestiges découverts (habitations, mobilier, divers objets) ainsi sur des indices qui étaient en rapport avec le peuplement. Les zones de forte densité se situaient là où les activités agricoles et de pâturage pouvaient se développer. Cette installation donne à penser qu’il existait également une manière de vivre spécifiquement israélite même si d’éventuels échanges auraient pu se faire avec les voisins Cananéens.
Cette hypothèse que les Israélites seraient d’origine indigène est partagée par un autre bibliste Georges Mendenhall et du sociologue Norman Gottwald. Pour Mendenhall, l’installation des Israélites à Canaan résulte d’un bouleversement social. Il formula l’hypothèse d’une révolte paysanne et des bergers de la Palestine contre le pouvoir en place composé des premiers conquérants qui auraient envahi le pays auparavant comme les Hittites ou les Jébuséens.
2.3 Les indices qui écartent définitivement l’hypothèse de la conquête.
La Bible apporte sans conteste, une richesse de sources historiques, ce n’est pas tant cette abondance qui interpelle. Les difficultés sont à chercher ailleurs. L’un des problèmes, c’est le traitement des traditions. En effet, l’un des premiers aspects de ce traitement concerne le temps écoulé entre un évènement survenu et le moment où cet évènement est raconté, souvent plusieurs décennies ou des siècles après. De ce fait, la fiabilité de l’écrit final pose des interrogations. Pourquoi ? Première hypothèse : ce sont les ajustements, les éditions et les rééditions avec d’autres sources que peuvent avoir connues le document principal, jusqu’à son élaboration définitive. D’autre part, les conditions sociales, les cultures d’un peuple à une époque donnée ne permettent pas de se faire une idée précise concernant l’objectivité de ce qui est rapporté dans le document définitif. Par ailleurs, “la théorie des documentaires” qu’on appela un peu plus tard “ hypothèse documentaire” complexifie encore un peu plus, la tâche des chercheurs. Cette hypothèse documentaire apparut lorsque certains chercheurs sceptiques commencèrent à ne plus reconnaître Moïse comme auteur de la Pentateuque qui regroupe les cinq premiers livres de l’Ancien Testament. De là, est née l’idée de reconstituer le Pentateuque et plus généralement la Bible. Quatre sources composent l’hypothèse documentaire. Le premier, le document yahviste porte la lettre J et son tétragramme est YAWH qui fait allusion au Dieu d’Israël Yahvé. Sa fixation orale ou écrite serait survenue sous le règne de Salomon à Jérusalem au Xème siècle avant Jésus Christ. Yahvé a promis à Abraham de lui attribuer un grand peuple. Le riche et splendide royaume de Salomon faisait partie de cette promesse. Le deuxième document s’appelle Elohiste et porte la lettre E. Le Dieu d’Israël est nommé Elohim. Sa fixation aurait eu lieu dans le Royaume du nord. Il y a des incertitudes concernant la période : le IXe siècle ou le VIIe siècle avant notre ère. Le troisième document se repérant par la lettre D est connu sous le nom de deutéronomiste. Il correspond au règne du roi Josias. Ce document affirme la suprématie d’un Dieu Unique contre le polythéisme et qui fait Alliance avec son peuple élu. Le document sacerdotal sur lequel figure la lettre P a été élaboré par des prêtres pendant l’exil à Babylone. Le culte réservait à Dieu revêtait une grande importance. La conviction de leurs concepteurs est que l’unification de ces quatre documents formait le texte final qu’on a aujourd’hui. Comment assembler de manière cohérente des documents d’époques et de théologies différentes sans compromettre la véracité de l’écrit final ? Les critiques n’ont n’hésitèrent pas à se faire entendre. Ces critiques ont eu comme effet d’inciter les historiens à émettre d’autres hypothèses. L’hypothèse fragmentaire, par exemple, proposait soit d’assembler et unifier plusieurs petits textes, de petites traditions pour en faire un document principal. L’hypothèse de compléter un texte mère pour aboutir à une production finie fut également envisagée. L’hypothèse documentaire apparaissait comme ce qui se faisait de mieux au XXe siècle.
C’est par cette multiplicité d’hypothèses et d’approches qu’on essaie de reconstituer l’histoire sacrée. En plus des rapprochements possibles les hypothèses documentaires on va établir des liens entre différents versets. Les évènements vécus par des peuples à une époque incitent au recul par rapport à ce qui s’est passé.
Reprenons le cas d’Abraham. Dans l’Ancien Testament, la terre représentait beaucoup pour le peuple hébraïque. Des liens particuliers unissaient les Israélites à la terre. Bien qu’une terre soit un don, l’Eternel était le divin propriétaire.7Les notions de propriété divine et de don divin sont les deux affirmations théologiques fondamentales La promesse du don de pays et son accomplissement dans l’histoire représentent deux des thèmes principaux de l’Ancien Testament, en particulier du Pentateuque et des premiers Livres historique. le don dépendait de la fidélité d’Israël aux clauses de l’alliance. La Terre promise représente dans la Genèse ce que la Bible désigne sous le nom de « Terre d' Israël»8 qui fut promise, selon les textes, par Yahvé au patriarche hébreu Abraham à sa descendance par Isaac et Jacob, comme une promesse de vie. Dans la Genèse, en s’adressant au Patriarche” Va vers le pays que je t’indiquerai ! ”. Le nom de Canaan n’est pas mentionné. La “Terre promise” sous cette appellation n’est pas présente dans les Saintes Ecritures. Pour un chrétien, la Terre sainte représente le lieu où le Fils de Dieu, Jésus Christ, a mis en application le projet salvateur de Son Père. Abraham qui se déplaçait beaucoup cherchait une terre pour inhumer son épouse Sarah décédée. Il était un étranger sur cette terre.9 Il ne se posa pas en propriétaire des lieux. Il acheta une terre comme si la promesse de Yahvé n’existait pas. Il ne se disputa pas avec Loth en laissant ce dernier choisir en premier. Il ne précisa pas que la terre était sainte. On ne peut s’empêcher aussi de s’interroger sur l’extrême violence présente dans certains récits de la Bible et de prendre un certain recul par rapport à l’idéologie. Les vaincus sont expulsés ou exterminés sous l’ordre de Dieu10. Par ailleurs, Dieu fixe la Loi et indique le lieu à vivre. Le peuple refuse la Loi car il estime n’être pas en mesure d’affronter les géants. Après avoir refusé le don, le peuple fut condamné à errer quarante ans dans le désert. Josué et son peuple ne verra pas la Terre promise. C’est la génération suivante après Josué qui pourra entrer en Terre Promise. Cette terre était un lieu donné par Dieu pour que sa Loi vive et dans laquelle l’esprit filial des Israélites devait s’épanouir. C’est une terre où l’installation s’est faite pacifiquement. C’est une terre où on adore Dieu. La violence de Dieu n’est pas orientée contre son peuple. Dieu veut aider son peuple à lutter contre l’idolâtrie car chaque fois qu’elle cède à cette dernière, elle perd la terre. “En ce jour là, l'Eternel fit alliance avec Abram, et dit : Je donne ce pays à ta postérité, depuis le fleuve d'Egypte jusqu'au grand fleuve, au fleuve d'Euphrate”11. Un autre indice vient aussi fragiliser les hypothèses de la conquête. En effet, les conquérants sont ceux qui viennent du sud et qui fuient l’Egypte. Or l’itinéraire que décrit le récit biblique vient de l’est avec le franchissement du Jourdain. Ces peuples se sont installés dans des zones faiblement peuplées. Ces nomades évitent les villes de la côte et les grandes plaines agricoles, sans grand intérêt pour eux, puisqu’ils étaient des éleveurs de moutons. Ces peuples n’avaient pas militairement les moyens de se mesurer aux grandes villes. Ils occupaient les hauts plateaux où les cités états car la configuration du territoire facilitait l’infiltration sans obligation de recourir à la violence. L’éventualité d’un bon accueil de ces peuples par les potentats locaux n’est pas à exclure. En prenant toujours comme support référence, la Bible, il y aurait trois zones d’installation. La première région, les hauts plateaux occupés, petit à petit, par des populations venant de Gadech, de l’Arabie du Nord qui se sont installés là progressivement car la zone convenait bien à l’élevage de leurs troupeaux. Ils venaient d’Egypte mais ils s’installèrent dans cette région avant les Juifs fugitifs. La deuxième région est la Transjordanie, Ruben, Gath , Manassée et les hauts plateaux qui correspondent à la conquête par Josué, selon le récit biblique. Mais, il ne s’agirait pas d’une conquête proprement dite, mais de peuples venant de l’est qui ont traversé le Jourdain et se sont installés pacifiquement.
3. Conclusion
Cette analyse montre la difficulté à reconstituer l’histoire du peuplement de Canaan. Les fouilles archéologiques ont amené plusieurs chercheurs à émettre des hypothèses. Cependant, les rééditions et les ajustements des documents finaux laissent planer beaucoup d’incertitudes sur la véracité des récits. Toutefois l’installation ou l’infiltration pacifique est une hypothèse qui semble la plus plausible. Mais cela nécessite une certaine prudence et de la lucidité car cette réflexion montre aussi, de manière sous-jacente, les divergences qui peuvent y avoir entre biblistes et archéologues. D’un côté le croyant avec les certitudes de sa foi, sa confiance en la Révélation. De l’autre côté, les chercheurs qui fondent leur vérité sur les recherches scientifiques. A ce niveau d’investigations, seules les données sensibles et saisissables sont prises en compte. Cette posture cartésienne du chercheur fait oublier que la Bible n’est pas fondée que sur des paroles humaines. Elle se nourrit avant tout de la Parole de Dieu. La démarche historico-critique est nécessaire et le Pape en est l’un des défenseurs. Toutefois, elle doit se conjuguer avec une autre dimension, la raison théologique. Il semble, en effet, qu’un autre rapport doit s’établir entre l’archéologie et la Bible. Il est légitime de souhaiter que biblistes et archéologues aient un autre regard sur la quête de la vérité. Il ne s’agit pas pour autant que chaque courant de pensée renie leur intime conviction Ils doivent revoir leur positionnement les uns par rapport aux autres. Le bon sens exige que la Bible écoute ce que l’archéologie a, à lui dire, et réciproquement.
4. Bibliographie
1. Fr. Dominique, Introduction à la Bible
2.William Foxwell Albright, American Schools of Oriental Research en 1932
3. Finkelstein et N.A Silberman , La Bible dévoilée, Bayard 2002
4.Bible, Genèse, Livre des Juges, Livre de Josué, Deutéronome
Date de dernière mise à jour : 07/05/2026
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