Le christocentrisme de Thérèse de Lisieux :aimer et faire aimer Dieu

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               Ma vocation enfin je l'ai trouvée, MA VOCATION C'EST L'AMOUR !

 

 

Introduction

         Le 30 septembre 1897, dans l'infirmerie du Carmel de Lisieux, la Petite Thérèse prononça ses derniers mots « Mon Dieu, je vous aime » en serrant dans ses mains le crucifix de Profession. Ce Dieu à qui elle s'adressait et qu'elle aimait d'un amour incommensurable, c'était Jésus. Cet acte d'amour de la Sainte est formulé par ces paroles : « Jésus je t'aime » qui sont présentes dans ses prières et ses poésies. Le premier point de ma réflexion tentera de montrer comment Sainte Thérèse a vécu sa relation d'amour avec le Christ. Ce Christ à qui elle a donné le rôle central dans sa vie. En tant que Chrétien, nous avons de par notre baptême, la mission d'annoncer l'Evangile. Tout au long de son parcours spirituel, Sainte Thérèse n'a de cesse de nous convier à rencontrer le Rédempteur et à l'annoncer. C'est ce à quoi, le deuxième point de ma réflexion s'efforcera d'expliquer de quelle manière nous pouvons imiter la Patronne des Missions, dans notre quête spirituelle.

     

  1 .Le christocentrisme de Thérèse  

  

          1. 1 Un amour incommensurable pour le Christ

      Comprendre la vie d'intériorité de Sainte Thérèse nécessite de s'approprier des approches différentes de lecture de son œuvre. “ A mon sens la voix de Dieu mérite d’être écoutée et préférée à celle des autres » affirmait Saint Jean de la Croix en parlant du livre inspiré. Cette affirmation dit long sur ce qu'est la profondeur d'une relation avec Dieu. Sainte Thérèse, elle, a donné sa préférence à la parole du Christ. De quelle façon a- t-elle vécu sa relation avec Jésus ?   Dès son enfance déjà Thérèse ressentit cet appel de Dieu ; elle voulait devenir religieuse. Elle reçut de son père la permission d'entrer au Carmel. Au cours d'un pèlerinage en Italie avec son père, elle demanda au Pape Léon XIII, cette autorisation, malgré son jeune âge. Sa foi s'approfondit durant ce voyage. Elle réalisa que la volonté de Dieu devait primer sur la satisfaction de la sienne. Sa vocation se fortifia et elle commença à développer une réflexion sur la vanité du monde. Par ailleurs, il est à noter que la spiritualité de Sainte Thérèse trouve son enracinement  dans la vérité des Saintes écritures. Il semble qu'il faut bien connaître Dieu et son plan de salut pour sauver les pêcheurs que nous sommes. En lisant le parcours de cette Sainte, il est frappant d'apercevoir à quel point, elle s'est imprégnée des Mystères de l'Incarnation et de la Rédemption. Elle avait sa manière, bien à elle de vivre sa foi, en s’inspirant de la Bible. En effet, adepte des effets symboliques, elle raconta de quelle façon le Saint Esprit a écrit dans son cœur : « Jésus est mon unique amour ». C'est d'abord au Christ qu'elle va consacrer son amour. Même si elle évoqua très peu Dieu le Père et le Saint Esprit, son amour était profondément trinitaire. En entrant au Carmel, le désir de Thérèse était de devenir une grande sainte. Mais au bout de six années passées au couvent, elle prit conscience que son vœu sera difficilement réalisable. Elle n’avait pas encore le charisme de Sainte Thérèse d’Avila à qui elle voulait ressembler. Ainsi, elle se sentait si petite et incapable qu’elle pensait que c’était au Christ qu’elle devait demander de l’aide. Elle obtint un début de réponse en lisant un verset du Livre des Proverbes.[1] Cependant, c’est un passage du Livre d’Isaïe qui sera déterminant dans ce qu’elle recherchait : “Comme une mère caresse son enfant, ainsi je vous consolerai, je vous porterai sur mon sein et je vous balancerai sur mes genoux. »[2]. Elle pensait que c’était Jésus qui la ferait élever vers la sainteté. “ (….°) l'ascenseur qui doit m'élever au ciel, ce sont vos bras, ô Jésus ! Pour cela, je n'ai pas besoin de grandir, au contraire, il faut que je reste petite, que je le devienne de plus en plus”[3]. Cette petitesse était synonyme de joie pour elle. Elle sentit l’amour miséricordieux de Dieu à son égard. Plus elle se sentait petite plus elle pensait pouvoir compter sur le Christ. Elle va nommer cette expérience spirituelle de “petite voie”. Lors de la Fête de la Sainte Trinité le 9 juin 1895, Thérèse voulut concrétiser son ‘offrande à l’amour miséricordieux” par un holocauste[4]. A cette époque, beaucoup de religieuses voulaient souffrir comme le Christ dans la Passion afin de faire acte de pénitence à la place des pêcheurs. Sainte Thérèse, tout en étant sensible à ce sacrifice par amour, ne reproduira pas à l’identique ce qu’elle voyait. Se référant à sa “petite voie” découverte auparavant, elle fit le choix de recevoir Dieu par une offrande à l’amour miséricordieux.Oh mon Dieu ! Trinité Bienheureuse, je désire vous Aimer et vous faire Aimer, travailler à la glorification de la Sainte Église en sauvant les âmes […]. Je désire accomplir parfaitement votre volonté et arriver au degré de gloire que vous m'avez préparé dans votre royaume, en un mot, je désire être Sainte, mais je sens mon impuissance et je vous demande, oh mon Dieu d'être vous-même ma sainteté !” En 1896, très affaiblie par la maladie, Thérèse ne s’inquiétait pas pour autant pour son état de santé qui se dégradait de plus en plus, chaque jour. Bien au contraire, elle voyait dans sa mort très proche et inéluctable comme l’accomplissement de ce désir tant attendu de monter au ciel. Elle ne se ménageait pas et continuait ses activités de carmélite. Elle suivait rigoureusement les jeûnes, règles prescrites au couvent. Pendant la semaine sainte de cette année 1896, elle entra dans une nuit intérieure. La foi qu’elle éprouvait antérieurement à mourir pour le Christ disparut. Son esprit s’orienta vers des combats qui faisaient référence à la croyance en la vie éternelle. Elle ne laissait peu apparaître le combat intérieur qui était en elle sauf quand elle écrivait ses cantiques et poésies. Ces ténèbres ne la quittèrent pas sa mort. Cependant ce combat n’affectera pas la confiance indéfectible qu’elle manifestait pour le Christ. Elle alla au bout d’elle--même, jusqu’au dépouillement. Après des heures d’agonie, elle confia :”Jamais je n’aurai cru qu’il était possible de tant souffrir! Jamais ! Jamais ! Je ne puis m'expliquer cela que par le désir ardent que j'ai eu de sauver des âmes. »

 

 1 . 2 La mission apostolique de Thérèse : faire aimer Dieu

     Thérèse a toujours manifesté son désir d'être active et de faire beaucoup de bien après sa mort. “ Je sens que je vais entrer dans le repos… Mais je sens surtout que ma mission va commencer, ma mission de faire aimer le bon Dieu comme je l'aime, de donner ma petite voie aux âmes. Si le bon Dieu exauce mes désirs, mon Ciel jusqu'à la fin du monde. Oui, je veux passer mon Ciel à faire du bien sur la terre passera sur la terre jusqu'à la fin du monde. Oui, je veux passer mon Ciel à faire du bien sur la terre”.Elle exprima ses désirs d’être à la fois missionnaire, martyr, prêtre et docteur de l’église. C’est en lisant l'hyme
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Sainte thérése mourante

 

 

 

 

 

 

à la charité de Saint Paul[5] qu’ elle prit conscience de sa vocation. “Ma vocation enfin je l'ai trouvée, MA VOCATION C'EST L'AMOUR ! C’est cette vocation- qui répondait tout à fait à ce qu’aspirait la Petite Thérèse. Pour elle, la charité englobe toutes les autres vertus théologales. A partir de ce moment, elle multiplia les actes de foi. Thérèse s'évertua alors, de plus en plus, à vivre tout par amour. On la vit dans de nombreuses situations à venir en aide aux religieuses, surtout à celles qui avaient un tempérament difficile.  Nous sommes aujourd'hui dans un monde constamment en quête d'authenticité et d'intériorité. Les grandes figures spirituelles à la fois, nous fascinent et nous inspirent. Leurs vies de dévotion à Dieu nous incitent à suivre leurs exemples. Sainte Thérèse, dans la lignée de Sainte Thérèse d’Avila et de Saint Jean de la Croix, sait par son authenticité à nous faire aimer le Sauveur. Comment ? A propos de Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus et de la Sainte Face, Christian Bobin écrit dans son ouvrage « Les ruines du Ciel » : »"L'âme de Thérèse de Lisieux est une petite fille qui tire Dieu par la manche ». On peut se poser la question : Comment se fait-il que la célébrité de Thérèse soit aussi répandue. La réponse pourrait être celle de Mère Thérèsa qui confia à propos de sa patronne qu'elle » a fait des choses ordinaires avec un amour extraordinaire ». En effet, on peut dire de Sainte Thérèse de Lisieux, comme Jean de la Croix l’était aussi, une pédagogue de la sainteté.  Sa théologie, issue d’une grande partie de sa vie et de son autobiographie, sa conception de la foi, mérite d’être enseignée. Elle a toujours voulu encourager les chrétiens qui doutent, de s’engager dans la mission évangélique.  Celle-ci n’est pas réservée à une élite. En effet, lors de notre baptême, notre corps devient le Temple de l’Esprit Saint. De ce fait, en tant que chrétien, nous avons cette mission[6] de propager la Parole divine. Aimer Dieu et le servir, c’est s’engager. C’est ce à quoi nous convie Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus. Elle nous propose d’accomplir la volonté de Dieu, non pas dans les grandes actions mais dans les actes du quotidien, mêmes ceux qui pourraient nous paraître insignifiants. L’essentiel est que la réalisation de ces actions se concrétisent par amour pour le Sauveur.

 

3. Conclusion

     Cette analyse montre à quel point Thérèse de l’Enfant Jésus à aimer le Christ. Ce sont dans les souffrances, dans le don de sa vie qu’elle s’est élevée dans la sainteté. Par le sacrifice de sa vie, elle nous montre que Dieu est toujours disponible pour nous accueillir. L’essentiel est que nous mettons à son écoute.  Jésus Christ, pour être comblé, ne nous demande pas de réaliser des exploits titanesques. Il peut bien se passer de cela. “ Faites ces petites choses qui plaisent à Dieu” conseillait Sainte Thérèse d’Avila à ces moniales du couvent des Carmes déchaussées. C’est aussi ce message que veut répandre Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus. Agir en toute humilité. Accepter d’être petit devant Dieu car c’est en s’abaissant qu’on s’élève pour le Christ.[7] 

 

 

[1] Livre des Proverbes 4, 9

[2] Livre d’Isaïe 66, 12-13

[3] Pierre Descouvemont et Helmuth Nils Loose, Thérèse et Lisieux, Éditions du Cerf, 1991, page 244

[4]  Sacrifice religieux, dictionnaire Larousse

[5] 1 Epître aux Corinthiens 13, 1-13

[6] Évangile selon  Matthieu, chapitre 28, 19 et 20a

[7] Evangile de Luc 14,1.7- 14

 

Bibliographie

1 . Fr. François Marie Léthel,  Sainte Thérèse de Lisieux, module du Certificat de Spiritualité

2 . Sainte Thérèse de Lisieux, Histoire d’une âme

3 . Saint Jean de la Croix, Nuit obscure

4 . Sainte Thérèse d’Avila, Chemin de Perfection

5 . Les Ruines du ciel, Gallimard, 2009 – Prix du livre de spiritualité 2010 Panorama-La Procure

6 . Saint Paul, Epître aux Corinthiens, Epître aux Ephésiens

7 . Evangile de Saint Luc

8 . Evangile de Saint Jean

9 . Evangile de Mathieu


                                                                                                                                                                                               THEO  LOGOS  DE LA CROIX

                                                                                                                                                                                                       (  extrait)

Date de dernière mise à jour : 04/04/2026

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