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L' Assomption de l' Immaculée Conception

«Un grand signe parut das le ciel : une femme enveloppée du soleil, la lune sous ses pieds et une couronne de douze étoiles sur sa tête » (Apocalypse 12, 1)
AVANT PROPOS
L' Assomption de l'Immaculée Conception fait partie des cours de théologie dogmatique que Théo Logos de La Croix a étudiée lors de sa préparation au diplôme de Certificat de spiritualité chrétienne à Saint Jean de la Croix .
Dans ce document, l'auteur veut insister sur le fait que la proclamation de l'Assomption de la Vierge Marie en dogme n'a pas été obtenue sans difficultés. Un long processus ponctué de controverses et de polémiques durant des siècles, précéda cette déclaration.
Cet écrit vise à mettre en exergue les différentes étapes qui conduisirent Pie XII à user de l'infaillibilité pontificale 1 ,en tenant de la ferveur populaire et de la puissance de la foi chrétienne en la Sainte Vierge, pour ériger en dogme, l'Assomption de Notre Mère du Ciel. Cette proclamation du vénérable Saint Père survint, le premier Novembre 1950, le jour de la Fête de la Toussaint.
A mon Fils Jimmy
TLC
Tous mes remerciements à:
- Monseigneur l'évêque émérite de 'île de la Réunion Gilbert AUBRY pour ses félicitations ( message du lundi 6 mars 2023 à 9H08)
- R. P. Étienne RICHER, Professeur ordinaire, Faculté de droit canonique. Institut Catholique de Toulouse
- Madame Anne DURET, ma tutrice, pour son aide et ses précieux conseils lors de ma formation en Spiritualité Chrétienne
- Monsieur Fournier, diacre du Diocèse de la Réunion, Responsable de la Formation au SEDIFOP pour ses encouragements
Introduction
Les Evangiles ont fait très peu d'écho, du moins de manière explicite, de la glorification de l'âme et du corps de l' Immaculée Conception Doit-on conclure pour autant que Marie est absente dans le dessein de son Fils ? La première partie de ma réflexion donc s'efforcera de montrer que l'Assomption est une vérité de la foi chrétienne. Pour cela, je m'appuierai sur la foi en Marie présente dans les écrits apocryphes et dans les fêtes liturgiques de la Dormition. La croyance en l'Assomption va se généraliser à partir du XIV ème siècle jusqu'à sa proclamation en dogme par le Pape Pie XII. C'est ce à quoi la deuxième phase de mon analyse abordera en insistant sur l'argument décisif qui a conduit à ériger l'Assomption de l'Immaculée Conception en dogme. Le troisième chapître de cet écrit traitera de la question du fondement biblique de la glorification céleste du corps et de l' âme qui s'est posée avec une certaine acuité. En quoi et comment peut-on attribuer une valeur de signe à l'Assomption de Marie ? Le quatrième point de mes investigations tentera d'y apporter un réponse. Un cinquième chapître présentera les dates et les différentes processions et festivités consacrées à Marie aprés son Assomption.
1. L'Assomption de la Vierge Marie, une vérité de la foi chrétienne.
L' Assomption concerne l'élévation de Marie vers le Ciel. Une claire distinction est à faire entre l' Ascension du Christ et l'Assomption de l'Immaculée Conception. Alors que Dieu monta aux cieux de ses propres forces, une force divine éleva Marie. D'ailleurs, d'un point de vue étymologique, Assomption issue du latin « ad sumere » qui signifie « être transporté » tandis que le substantif ascension vient de la langue latine « ascendo » qui veut dire « qu'on monte soi-même ». Cependant, les Evangiles ne parlent pas ou très peu de la glorification de l'âme et du corps de la Mère de manière explicite. Peut-on affirmer pour autant qu'elle ne fait pas partie du dessein de Dieu ?
Par la Révélation, Dieu convie l'homme à collaborer à son projet de salut. C'est par la foi, c'est à dire par la confiance à la Parole révélée que le croyant marche dans les pas du Seigneur. Cette foi ne se fonde pas uniquement sur une adhésion du cœur. Elle fait appel également à notre intelligence, à notre esprit de discernement. Sensus Fidei ou le sens de la foi « est donc cette capacité de chaque chrétien de reconnaître, dans tous les opinions du monde, la voix authentique de Dieu. C'est sous l'inspiration de l'Esprit Saint qu'une perception intérieure de ce qui est juste, vrai et bon peut être attribuer au message divin ». Le Concile du Vatican II précise aussi "Le peuple saint de Dieu participe également au ministère prophétique du Christ, à la diffusion de son témoignage vivant, surtout à travers une vie de foi et d’amour [...]. L’ensemble des croyants [...] ne peut pas se tromper dans la foi. […] Car par ce sens de la foi, éveillé et nourri par l’Esprit de vérité, le peuple de Dieu [...] tient la foi autrefois donnée aux saints » ( Concile Vatican II , Lumen Genrtium, Catéchèse de l’Eglise, Audience du 9 juillet 1997) est dans cette vérité de la foi chrétienne que s'inscrit l'Assomption de la Sainte Vierge Marie. La Mère du Rédempteur, unie à son Fils, fait partie de sa Résurrection de tout son être et cela jusqu'au terme de sa vie terrestre.
1.1 L'Assomption dans la tradition de l'Eglise
Le pape François II résume dans sa Catéchèse de l'Encyclopédie mariale par ces mots « la tradition constante et unanime de l' Eglise met en évidence combien l'Assomption de Marie rentre dans le dessein divin et enracinée dans la participation de Marie à la mission de son Fils » Dans l'Esprit du Saint Pontife, la foi de l' Eglise dans l'Assomption corporelle de Marie au ciel est vivante dans une tradition qui ne s'est jamais interrompue. A propos de la conclusion de la vie terrestre de Marie sur terre, le Concile affirme : « La Vierge Immaculée, préservée intacte de toute souillure de la faute originelle, après avoir achevé le cours de sa vie terrestre, a été élevée, avec son corps et son âme, à la gloire du ciel »( Jean Paul II, Lumen gentium N° 59) . Cette vérité de foi trouve son enracinement dans la tradition de l'Eglise et réaffirmée dans la Constitution Conciliaire de Lumen Gentium 59. Constitution dont le contenu se réfère aux homélies et aux sermons de Jean Damascène, de Saint Germain de Constantinople, à un écrit de Modeste de Jérusalem, puis de la Constitution de Pie XII, lui-même. Cette déclaration n'exprime pas explicitement la mort de Notre Sainte Mère. Elle n'est pas niée pour autant. L'objectif de cette proclamation divinatoire visait surtout à définir que l'Immaculée Conception a été glorifiée en son corps et son âme. Le Père Marie Joseph Nicolas rapporte que cette proclamation du dogme de l'Assomption créa des surprises concernant la mort de la Sainte Vierge. Cela amena certains à envisager l'idée que Marie soit élevée dans son corps et son âme sans passer par l'étape de la mort. Les Pères de l'Eglise n'ont pas douté eux du trépas de Marie. En effet, puisque le Christ a connu la mort, comment soutenir le contraire concernant sa Mère ? En tant que descendante d'Adam, Marie a suivi les lois de la nature. Sa nature humaine fait qu'elle mourut.
Le Magistère pontifical de Jean Paul II va plutôt dans ce sens. En Orient, d'aucun n'a pensé que Marie n'est pas passée par l'épreuve du repos éternel. Il faut retenir surtout c'est que la mort de Marie revêt une dimension unique. On ne peut pas la comparer avec celle des fidéles. Notre Madone n'a pas été mise dans un tombeau. Son décés la fait passer de la foi à la gloire, mais la Mère du Christ n'est pas restée dans la mort. Il y eut manifestement une volonté d'attribuer au Mystère de l'Assomption une dimension ecclésiologique et eschatologique. En effet, Pie XII proclama le dogme de l'Assomption de l'Immaculée Conception le premier novembre, le jour de la Fête des Saints. La Mère du Ressuscité occupe la place la plus élevée au-dessous de Son Fils et nous est très proche. Son Assomption glorieuse nous rappelle que sa vie comme celle de chaque chrétien est un chemin d'imitation du Christ. Le Vénérable Pape Paul VI, en promulguant la Constitution Lumen Gentium, le 21 novembre 1964, insistait sur l’importance du chapitre VIII concernant la bienheureuse Vierge Marie dans le Mystère du Christ et de l’Eglise. Il le présentait comme le « sommet et couronnement » de toute cette Constitution Dogmatique sur l’Eglise 4 . La forme la plus puissante de dévotion à la Reine du ciel s'exprime dans l'imitation donc de ses vertus, dans son ouverture à la volonté de Dieu aux inspirations de l'Esprit Saint et dans son service total et son amour de Jésus.
Les Saintes Ecritures n'attestent pas de manière directe cette élèvation glorieuse de l'âme et le corps de Marie. Cette croyance en l'Assomption ou la Dormition n'est pas la conséquence d'une attestation scripturaire explicite. Toutefois, bien avant la promulgation de l'Assomption de Marie en dogme, des écrits apocryphes, les Transitus évoquaient l'Assomption de la Mère de Dieu. C'étaient des récits populaires anciens signifiant le départ ou transfert de Marie. Le récit apocryphe judéo-chrétien, "Transitus Mariae" par exemple, raconte l’Assomption de Marie et en faisant référence à l’Arche d’Alliance : « pendant que les apôtres portaient le corps de Marie, les mains de ceux qui voulurent offenser Marie devinrent sèches, comme dans la Bible la main de celui qui toucha l’Arche d’Alliance sans être qualifié »( 2 Sam 6, 6-7). Le corps virginal qui a porté le Christ ne peut pas être corruptible. Ces récits ne manquèrent pas de soulever des réactions de méfiance chez certains théologiens. Le plus acerbe envers les textes apocryphes fut incontestablement Pseudo- Jérôme. Pourtant, mise à part, la dimension imaginaire des Transitae Mariae, ces écrits ont eu un impact sur les vérités concernant l'Assomption. Ils ont apporté à la fois des précisions historiques sur le trépas de Marie et ont surtout entretenu la piété populaire. L'influence qu'aurait pu avoir le Concile d'Ephèse sur ces livres non canonisés d'après Bernard Sezboüé fut fragilisée par deux études spécialisées. En effet, le résultat de ces investigations laisse apparaître l'idée que la composition de ces documents dont l'authenticité n'est pas sûre, remonte au IVème siècle, donc antérieure au Concile d'Ephèse. Jean Paul II va dans ce sens en affirmant dans l'un de ses trois Catéchèses concernant l'Assomption : « La première trace de l'Assomption de Marie est présente dans les Transistus Mariae dont l'origine remonte pour l'essentiel au IIème et IIIème siècle » L'esprit du Sensus Fidéi apparaît dans ces documents bien que ces derniers ne doivent pas constituer à eux seuls, les sources doctrinales de l'Assomption.
1.2 Marie présente dans les fêtes liturgiques de la dormition
Dans la tradition chrétienne, l'Assomption était connue sous le nom de la fête de la Dormition. Le terme « dormition » vient du latin « dormitio » signifiant : « sommeil, sommeil éternel, mort » pour désigner la mort des saints et des fidèles pieux. Pour les Eglises d'Orient, la dormition de Théotokos, la Mère de Dieu, est la mort de la Vierge Marie et la montée au Ciel de son corps. Pour le catholicisme, la dormition ne concerne que la mort de la Vierge. Un repos éternel qui selon la croyance faite sans souffrance, dans une paix spirituelle. Des traditions associent Dormition et Assomption : Jésus ressuscite Marie. Mais on précise aussi que Marie attend encore la résurrection générale. Les apparitions mariales2 supposent que la Vierge Marie est vivante au ciel, corps et âme : elles correspondent donc à la doctrine de l'Assomption et non pas simplement de la Dormition. L'origine de la croyance remonte au tout début de la chrétienté et la fête de l'Assomption probablement vers le VIème siècle. D'après Monseigneur Michel Dubost, évêque d 'Evry « La fête de l'Assomption est née à Jérusalem mais il est difficile de savoir à quelle époque […] Quoi qu'il en soit, la fête fut étendue à tout l'empire par l'Empereur Maurice (582-602) sous le nom de Dormition de la Vierge. Elle fut toujours célébrée le 15 août. »
Apparaissent alors à cette époque les fameuses homélies byzantines. Un panégyrique sur la Dormition dont l'auteur s'appelle Pseudo- Modeste de Jérusalem occupe une place importante. La liturgie, un lieu de prédication, constitue un apport essentiel de l'Eglise sur le Mystère de l'Assomption ou de la Dormition. Les homélies des Pères et des Docteurs de l'Eglise en sont des sources. A souligner aussi que le Mystère de l'Assomption évoqué dans les Apocryphes se développe dans les homélies. La plus ancienne déclaration concernant l'Assomption corporelle de Marie est attribuée au Pape Serge Premier. C'est la célèbre collecte de la Messe de l'Assomption connue sous le nom d'oraison « Veneranda ». Cette oraison, insérée dans le sacramentaire grégorien Hadrien (fin VIIIe siècle.) demeure inchangée, mais son usage se perdit progressivement parce qu'elle évoquait la mort de Marie. Mort au sujet de laquelle Pie XII ne se prononça sans pour autant la nier. Certains théologiens regrettent cette disparition de la collecte. On retrouve quelque empreinte dans certaines déclarations. Dans sa Préface du Missel de la messe de l'Assomption de de Paul VI : « Tu as Seigneur préservé de la dégradation du tombeau, le corps qui avait porté ton propre Fils et mis au monde l'Auteur de la vie »
Ne supportant pas les Apocryphes, Pseudo-Augustin conçut un traité en faveur de l'Assomption corporelle de Marie. Dans cet écrit, se dégagent des arguments de référence à la lumière de la foi. Sa pensée influencera considérablement les scolastiques, sur les plans théologiques, de la piété populaire et monastique. Dans sa thèse qui contribuera beaucoup au développement de la mariologie italienne Joseph Quadrio considère Pseudo- Augustin comme « le premier et le plus profond élaborateur de la méthode des raisons théologiques en faveur de l'Assomption ». Saint Thomas dans la Somme Théologique au sujet de la sanctification de Marie déclara que Pseudo-Augustin « argumenta raisonnablement » à propos de l'Assomption de l'Immaculée Conception.
2. Les étapes de la proclamation du dogme.
2 . 1 L’Assomption entre croyance et méfiance.
La croyance en l'Assomption va se répandre dans tout l'Occident. Toutefois, cette généralisation s'accompagnera d'un climat de méfiance qui va se poursuivre jusqu'à la proclamation du dogme.
En 1638, Le roi Louis XIII, désirant avoir un héritier, aprés après un vingt ans de mariage stérile, par un acte qui consacre la France à notre Vénérable Dame. Ce texte législatif soumis au parlement et ratifié par le roi en 1638 , demanda à ses sujets de faire une procession solennelle dans chaque paroisse, le 15 août en l'honneur de la Sainte Madone. La naissance ou la sollicitation de cette naissance de Louis XIV associe cette tradition au vœu royal. En effet le futur roi naîtra le 5 septembre 1638. Mort prématurément, le roi Louis XIII n' a pas le temps de concrétiser son second vœu concernant la Cathédrale de Paris. Son fils Louis XIV le réalisera soixante ans plus tard. A l 'occasion des cents ans du premier vœu , Louis XV procéda à son renouvellement en écrivant aux évêques pour exprimer sa volonté de commémorer avec faste ce centenaire.
L'Assemblée législative pendant la Révolution française abolit la consécration de la Vierge, le 14 août 1792. L'abolition du vœu de Louis XII intervint sous la Monarchie de Juillet Louis Philippe Premier, en août 1831.
La toute première supplique en faveur de la glorification corps et âme de la Sainte Vierge est adressée au Siège apostolique, sous la papauté de Clément XIII, par un serviteur de Marie. Le 8 décembre 1854, Pie XII définit le dogme de l'Immaculée Conception. En 1863, Isabelle d 'Espagne, suivant la confession d'Antoine Claret adresse une demande en faveur de l'Assomption au Pape Pie XII. Le mouvement assomptionniste prend de l'ampleur à ce moment là. La proclamation du dogme de l'Immaculée Conception contribua à réveiller celui de l'Assomption. A l'occasion du Concile Vatican 1, 187 évêques exprimèrent le vœu de définir le dogme de l'Assomption. Leur requête ne put être examinée à cause d'un concile écourté. Mais le contexte était favorable en faveur de la définition dogmatique. A partir de 1926, de nombreuses pétitions arrivèrent au Saint Siège ainsi qu'un nombre impressionnant d'études spécialisées sur la question. D'autre part, une nouvelle tendance va se croiser avec la définition de ce dogme, la médiation universelle dont le représentant était le Cardinal Mercier. La découverte, en 1842 du manuscrit de Marie Grignon de Montfort traitant de la dévotion à la Sainte Vierge influencera de nombreux théologiens. L'auteur de ce traité figurait dans tous les débats mariologiques de l'époque. Le Bienheureux Bartoloméo Longo, fervent défenseur de la cause de l'Assomption avoua avoir puisé ses sources dans ce manuscrit. La célébration du cinquantième anniversaire de la proclamation du dogme de l'Immaculée Conception fut l'occasion pour le Pape XIII de donner à sa milice l'occasion du douzième congrés marial et d’un Encyclique. Encyclique qui met en relief les vertus théologales de Marie. Des apparitions de Fatima jusqu'à la proclamation dogmatique de l'Assomption, on assiste à une accentuation de la dévotion à la Mère du Sauveur. Cela aboutira en 1954 au chapitre 8 de Lumen Gentium. Tenant compte de cette faveur pour l'Assomption, deux jésuites, à la demande du Saint Pontife, rédigea deux volumes contenant toutes les pétitions relatives à l'Assomption. Pie XII, dans l'Encyclique « Dei Virginis » s'adressa aux Evêques pour leur demander leur avis. Il leur demanda de le renseigner sur la dévotion du peuple de Dieu en tenant compte de la foi de ces croyants en l'Immaculée Conception. En cela, il réaffirmait le principe de la consultation indirecte des fidèles, un préalable à la définition dogmatique. Il obtint une réponse unanime qu'il rapporta dans la Constitution Apostolique. Le constat s'avère que la croyance en l'Assomption trouve son enracinement dans l'esprit des fidèles. Il établit ainsi la connexité entre l'enseignement doctrinal de l'Eglise et la Foi du peuple chrétien.
2.2 La base scripturaire de l’Assomption
De manière certaine et infaillible, l'Assomption de Marie se révéle être une vérité de la Révélation figurant dans le projet divin que Dieu a remis à son épouse l'Eglise pour qu'elle le garde fidèlement et l'enseigne. La constatation du consentement unanime des pasteurs et des fidèles a permis de révéler une vérité qu'elle n'aurait pas pu connaître autrement. Le Pape Pie XII fait passer la vérité de l'Assomption de Marie en vérité divine enseignée par le Magistère. Le Saint Père va également se référer à l'interprétation de l'Ecriture Sainte par l'Eglise.
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2. 3 Définition du dogme
Le premier novembre 1950, le jour de la Toussaint, le vénérable Pie XII proclama : « L'Immaculée Mère de Dieu, Marie toujours Vierge, après avoir achevé le cours de sa vie terrestre a été pris en son corps et son âme à la gloire céleste ( Pie XII, Constitution apostolique Munificentissimus Deus, 1 novembre 1950 ). Cette vérité de la foi trouve son expression dans la tradition ecclésiale et réaffirmée dans la Constitution de Lumen Gentium 59. Jean Paul II définit le dogme ainsi : “ La Vierge Marie Immaculée préservée de Dieu de toute atteinte de faute originelle, ayant accompli le cours de sa vie terrestre fut élevée corps et âme à la gloire du ciel et exaltée par le Seigneur comme la Reine de tout l'univers. »
3.La question du fondement biblique de l'Assomption.
De quelle base scripturaire est-il question ? Le Nouveau Testament n'affirme pas de manière explicite ou directe la glorification du de Marie. Doit-on pour autant conclure que l'Assomption n'a pas de fondement biblique ? L'Assomption de Marie relève du mystère. Ainsi, comme tous les mystères, sa compréhension n'est pas une donnée saisissable uniquement par la Foi ou la Raison . Son approfondissement nécessite l'effort conjugué des deux. La Foi est un appel qui s'adresse à l'intelligence. C'est pourquoi en théologie, « avoir le sens des nuances et des distinctions » doit mobiliser la capacité de discernement du croyant. C'est bien l'objectif du Sensus Fidéi. Le contenu implicite de la Bible concernant l'Assomption n'est pas moins important de ce qui formule explicitement. Le chrétien a besoin de l'aide de l'Esprit Saint pour rendre explicite le contenu implicite. Pour un chrétien à la foi authentique en la Parole de Dieu, l'Assomption doit être considérée comme faisant partie du projet divin. La glorification du corps et l'âme de Marie est une vérité voulue par Dieu même si textuellement elle n'apparait pas de manière explicite dans la Sainte Ecriture. Là, se situe toute la nuance. Pie XII fait la distinction entre la vérité affirmée par l 'Ecriture et celle qui trouve en elle son fondement. En effet l'Assomption n'est pas affirmée par le Testament, elle y trouve son fondement. Le Père François Xavier en parle dans le Colloque concernant le développement marial préparé par Etienne Richer. Cette conférence se déroula à Rocamadour. L'Assomption reléve bien d'un principe scripturaire énoncé dans 1 Corinthiens 15. Un lien intrinsèque existe entre l'Assomption de la Sainte Vierge et Immaculée Conception. Cette dernière a déclenché la naissance du mouvement assomptionniste. A propos du fondement biblique, Jean Paul II fait le point suivant :« Tout en n'affirmant pas explicitement l'Assomption de Marie, le Nouveau Testament en fournit le fondement en mettant parfaitement en union la Sainte Vierge avec le destin de Jésus. Marie est unie à l'œuvre de son Fils. Elle partage sa vie céleste corps et âme”. Pie XII n'aborde pas les textes sacrés en tant que fondamentaux. Le lieu biblique de la mariologie se trouve dans la globalité de la Bible.
4 Le signe de grâce de la glorieuse Assomption de la Mère de Dieu
« Un grand signe parut dans le ciel: une femme enveloppée du soleil, la lune sous ses pieds, et une couronne de douze étoiles sur sa tête. »( Apocalypse 12,1) L'évangéliste Jean comme étant la Sainte Vierge Marie, Mère de tous les hommes par la grâce du Christ Rédempteur. La glorification de Marie en son corps et son âme est un signe. L'Académie pontificale mariale mentionne six acceptions différentes des valeurs du signe de l'Assomption. Marie est signe de gloire dans sa virginité et sa maternité. Saint Augustin en fait éloge en déclarant : “Dieu a choisi la mère qu'il avait créée ; il a créé la mère qu'il avait choisie » 8. Dans le final de ses trois catéchèses, Jean Paul II valorise le corps de la Sainte Vierge. C'est aussi une invitation aux chrétiens à honorer son corps car celui-ci est le Temple du de l'Esprit Saint. Notre corps appelé à devenir par Dieu, constitue un élément de sainteté. Il y a harmonie entre l'eschatologie et l'enseignement du dogme de Marie. En effet, l'Assomption est le garde- fou doctrinal par rapport à l'eschatologie. Jean Paul II, en s'adressant aux évêques déclara : « L'Eglise, dans son enseignement de l'homme après la mort, exclut toute explication qui ôterait tout son sens à l'Assomption de Marie en de ce qu'elle a d'unique, c'est à dire que la glorification corporelle de Marie est l'anticipation de la glorification réservée aux élus ». L'Assomption a aussi valeur de signe de grâce en tant que prémices et icônes de l'eschatologie de l'Eglise. Elle ne nous enseigne pas que sur Marie. Le Magistère nous apprend également que Marie désigne un signe de la destinée collective du peuple. Marie, indissociable du Rédempteur, dès sa Conception Immaculée, se trouve proche de son Fils comme l'est une mère pour son enfant. L'homme doit inéluctablement mourir. La mort ne signifie pas pour autant une fin. Marie, élevée corps et âme dans le ciel , représente pour l'homme une promesse de la vie éternelle. En ce sens, l'Assomption correspond un signe d'espérance et de consolation.
5 . Dates des processions et festivités consacrées à la Vierge Marie
Dans un grand nombre de pays catholiques et orthodoxes, le 15 août, jour férié se déroulent de nombreuses cérémonies dédiées à Marie.
5.1 Chez les catholiques
En France, depuis le placement de La France sous la protection de Notre Mère du ciel, des festivités pour lui rendre hommage se déroulent à Chartres et à Biarritz. A Paris, la célébration de Marie se déroule dans un bateau sur la Seine. Lors de cette cérémonie, une statue en argent conservée à Notre Dame, est exposée. On prie pour la France à cette occasion. Le sanctuaire de Lourdes enregsitre une grande fréquentation toute l'année.
Trois jours de festivités débutent par une procession à Outremeuse en Belgique le 15 août.
Le mystère d'Elche en Espagne , représentation théâtrale, connue sous le nom de la Festa ( Fête) donnée chaque année le 14 et le 15 août à la Basilica de Santa Maria. Pendant cette cérémonie, la mort, l'Assomption et le couronnement de la Vierge sont mis en scène. L'unicité de ce genre de pièce fait que sa représentation dure encore aujourd'hui. Elle bénéficie de droits spéciaux car le Concile de Trente interdisait le théâtre dans les églises. En 1632, le Pape Urbain VIII n'autorisa, par une bulle, qu'aux hommes de figurer dans les représentations théatrales.
La Pologne, la Croatie, en Italie, en Amérique latine et les Philippines, l'Afrique montrent leur dévotion à Marie en organisant des pélerinages.
5 2 Chez les orthodoxes
La mort, la glorification et la resurrection de Marie se célèbrent le 15 août du calendrier julien. Certains pays commémorent cet événement en se basant sur le calendrier grégorien. Cete célébration constitue l'une des douze fêtes et la derniére dans le calendrier liturgique dans la religion orthodoxe. La fête de la Nativité vient en premier dans cette liste de commémorations.
5 3 Chez les protestants
La théologie du protestantisme, excepté ceux qui sont de confessions luthhériennes ou anglicanes, ne célébre pas Marie car ils considèrent que Bible ne la mentionne pas.. Pour eux, cette croyance en l'Assomption est une amplification de la dévotion mariale, une sorte d' idolâtrie ( La dévotion se centre plus sur Marie que sur Dieu).
Conclusion
A travers cet écrit, nous voyons donc que l’Assomption de Marie trouve bien son fondement dans l’ écriture Sainte. Trouvant ainsi sa vérité dans des bases scripturaires, dans de solides assises théologiques et dans la ferveur des fidèles, la définition du dogme de l’Assomption de Marie est devenue une réalité. Comment aurait-elle pu être autrement ? Jean Damascène déclara : « Celle qui n’a commis aucun péché... comment le paradis pourrait-il ne pas la recevoir et le ciel ne pas lui ouvrir joyeusement ses portes”. En effet, elle aurait pu au cours de son parcours terrestre sombrer dans le péché. Non. Marie a écouté d’une manière parfaite la Parole de Dieu. Elle a témoigné une foi indéfectible à son Fils en nous demandant de Lui faire confiance. La glorification corps et âme de l’Immaculée Conception s’inscrit dans une logique de foi chrétienne.
Bibliographie
1.Etienne Richer, Marie dans le Mystère de Dieu et de l’Eglise
2. Louis- Marie Grignon de Montfort, Traité de la Vraie dévotion à la Sainte Vierge
3. Saint Thomas d’Aquin, De la sanctification de la Vierge Marie, Somme Théologique
4. Père Marie François LETHEL Témoins de la Foi, 12 septembre 2014
5 . Saint Augustin, Sermon 69, 3-4
TABLES DES MATIERES
1. L' Assomption de Marie, une vérité de la Foi chrétienne.
1. 1 L' Assomption dans la tradition de l'Eglise
1. 2 Marie présente dans les fêtes liturgiques de la dormition
2. Les étapes de la proclamation du dogme
2. 1 L'Assomption entre croyance et méfiance
2 .2 La base scripturaire du dogme
2. 3 Définition du dogme
3. La question du fondement biblique de l'Assomption
4 .Le signe glorieuse de l'Assomption
5 .Dates des processions et festivités consacrées à la Vierge Marie
5 .1 Chez les catholiques
5. 2 Dans la théologie du protestantisme
5. 3 Chez les orthodoxes
1L' Eglise catholique proclama en 1870 et compléta en 1964 le dogme selon lequel le Pape ne peut se tromper dans son pouvoir ordinaire et extraordinaire lorsqu' il entend définir une doctrine révélée en matière de foi ou de mœurs qu'il exprime ex cathedra .
2Vikipédia : les apparitions mariales, appelées aussi mariophanies, sont supposés des phénoménes surnaturels se rapportant à une vision spécifique de la Vierge Marie, mère de Jésus/ L' Eglise catholique en reconnaît une vingtaine. Parmi ces apparitions, on peut citer. : Notre Dame de Lourdes et de la Salette nen France, Notre de Dame Fatima au Portugal,, Notre Dame de Guadelupe au Mexique, Notre Dame du Perpétuel Secours d'origine crétoise, Notre Dame de Pilier à Sarragosse en Espagne, Notre Dame de Walsingam du comté de Norfolk En Angleterre. Ces apparitions mariales et leurs statues respectives reçurent le couronnement du Pape.
EXTRAIT DU LIVRE
THEO LOGOS DE LA CROIX
Date de dernière mise à jour : 11/08/2026
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